Réforme des retraites : mon intervention en Commission des Affaires Sociales

A l’occasion de l’audition par la Commission des Affaires Sociales de Jean-Paul Delevoye, Haut Commissaire à la réforme des retraites, je suis intervenue ce matin au sujet de cette réforme.

Je vous invite à retrouver le contenu de mon intervention ci-dessus ainsi qu’une retransmission vidéo.

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Merci Madame la Présidente,

Monsieur le Haut Commissaire,

Mes chers collègues,

Avant toute chose, je tiens à vous remercier, Monsieur le Haut Commissaire, pour le travail que vous menez d’arrache-pied depuis quelques mois. La tâche est immense, nous le savons. La transformation du système de retraite constitue un engagement fort du Président de la République. Mais elle correspond également à une attente importante de nos concitoyens et de nos concitoyennes. Le système actuel leur apparaît comme étant trop complexe, notamment parce qu’il est construit sur des logiques de statuts professionnels qui n’ont plus la pertinence qu’elles avaient en 1945. Il leur apparaît également comme étant injuste, aussi bien parce qu’il crée de multiples formes d’injustice que parce qu’il ne parvient pas à corriger suffisamment les inégalités sociales. Conscients du défi qui nous attend, les Français sont en demande d’un système de retraites à la hauteur de nos idéaux de justice sociale et d’égalité des droits.

C’est précisément le projet du Président de la République, que vous portez Monsieur le Haut Commissaire. Nous voulons la création d’un système universel dans lequel un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le montant où il a été versé et quel que soit le statut de celui qui a cotisé. Cette réforme permettra de simplifier le système et de le rendre davantage lisible, notamment grâce à la mise en place d’un seul « compte » de droits accumulés tout au long de la vie professionnelle. Le système sera également plus juste, puisque le calcul sera le même pour toutes et tous.

Mais ne nous y trompons pas. Bien que la réforme soit présentée comme une réforme en profondeur, cela ne signifie pas pour autant que tout est à jeter. Un certain nombre de garanties ont été apportées afin de sécuriser les acquis de notre système à la Française, dont nous savons qu’il fait l’objet de nombreuses convoitises aux quatre coins du monde. Et je crois qu’il est important que l’on s’engage collectivement à faire preuve de pédagogie sur ces quelques points.

Oui, l’âge légal de la retraite restera inchangé à 62 ans.

Non, ce n’est ni la fin du système par répartition ni la mort annoncée des dispositifs de solidarité. Au contraire, ces derniers seront consolidés et renforcés.

Non, ce n’est pas non plus la fin des pensions de réversion.

Je l’ai dit, la tâche est immense. Et les attentes sont importantes. Nous défendons une mesure de justice sociale et à ce titre, nous pouvons être fiers de ce projet.