Journée internationale du droit à l’avortement : une mobilisation nécessaire

Journée internationale du droit à l’avortement : une mobilisation nécessaire

Cette année, aux quatre coins du monde, le droit à l’avortement a encore fait couler beaucoup d’encre. A l’occasion de la journée internationale du droit à l’avortement, et alors qu’était célébrée mercredi dernier la journée mondiale de la contraception, je souhaite vous redire mon engagement total en faveur du droit des femmes à disposer librement et entièrement de leur corps.

Les dernières années furent riches d’avancées significatives : c’est le cas de l’Irlande, qui a franchi le pas fin mai, à l’occasion d’un référendum, en votant en faveur du droit à l’avortement. Ce fut également le cas des Espagnoles, en 2013, et de la Pologne, en 2016. Ces victoires ne doivent toutefois pas nous faire oublier les fortes inégalités d’accès à l’IVG encore prégnantes dans le monde entier : je pense notamment à la mobilisation citoyenne sans précédent en Argentine, qui s’est soldée par un échec cet été puisque les sénateur.rice.s se sont opposé.e.s à la loi autorisant l’IVG.

Qu’en est-il en France ? Si l’inscription du droit à l’avortement dans la loi semble le consacrer comme un acquis pour toutes les femmes, l’actualité récente appelle à la vigilance. Les propos de Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues (Syngof), comparant l’IVG à un homicide il y a quelques semaines, en sont un exemple frappant. L’aveu d’échec de l’hôpital du Bailleul, dans la Sarthe, en est un autre : faute de médecins pour le faire, l’hôpital ne pratiquait plus l’interruption volontaire de grossesse depuis quelques 9 mois. A l’occasion de la rentrée scolaire, j’ai également dénoncé dans un article – que vous pouvez retrouver ici – les rumeurs qui ont longuement agité la toile au sujet de l’éducation à la sexualité.

Car dire que les femmes doivent disposer librement de leur corps ne veut pas seulement dire qu’elles doivent pouvoir accéder librement à l’avortement ou aux moyens de contraception. C’est aussi dire qu’elles doivent pouvoir le faire de manière informée et éclairée. Et à ce titre, l’accès à une éducation à la sexualité pour toutes et tous, de l’école au lycée, est la condition sine qua none à l’effectivité de ces droits.

Enfin, si le fait de disposer librement de son corps implique de décider librement de renoncer à une grossesse, il doit également se traduire par le droit de décider librement d’en poursuivre une. A ce titre, je souhaite rappeler ici mon attachement à l’ouverture de la procréation médicalement assistée, dite PMA, à toutes les femmes – à savoir aux couples de femmes, ou aux femmes célibataires.