Courrier à Frédérique Vidal sur la précarité menstruelle étudiante

Courrier à Frédérique Vidal sur la précarité menstruelle étudiante

Madame Frédérique Vidal

Ministre de l’Enseignement supérieur,

 de la Recherche et de l’Innovation

21 rue Descartes,

75005 Paris

Paris, le 2 mars 2021

 

Objet : Lutte contre la précarité menstruelle des étudiantes

Madame la ministre,

Depuis bientôt un an, les étudiant.e.s sont dans une situation de grande vulnérabilité et de grande détresse. Des étudiantes doivent encore choisir entre acheter à manger ou acheter des protections périodiques. Cette situation n’est plus tolérable.

Le 27 janvier dernier, j’avais adressé un courrier afin de demander au gouvernement que des mesures soient prises pour garantir la gratuité des protections hygiéniques pour les étudiantes. Je salue donc l’engagement concret pris ce 23 février visant à installer des distributeurs de protections hygiéniques gratuites et à les déployer sur l’ensemble des campus universitaires à la rentrée de septembre 2021.

Cependant, les contours de mise en œuvre sont encore imprécis. Si les CROUS et les services de santé universitaires sont ciblés en priorité, il semble primordial de ne pas se restreindre à ces seuls lieux, et de déployer les distributeurs le plus largement possible, notamment dans les toilettes de tous les bâtiments universitaires. De plus, les étudiantes ne sont pas présentes uniquement au sein des universités. Les autres établissements d’enseignement supérieur ne doivent pas être laissés de côté.

Le 15 décembre 2020, le Gouvernement avait porté à 5 millions d’euros le budget consacré à la lutte contre la précarité menstruelle. Ce budget cible avant tout les femmes incarcérées ainsi que les femmes et jeunes filles en situation de précarité et très grande précarité, notamment inscrites dans des établissements scolaires d’éducation prioritaire. Ce budget ne faisait pas mention des établissements d’enseignement supérieur.

Attentive à une mise en œuvre concrète des mesures annoncées visant à lutter contre la précarité menstruelle dont souffrent les étudiantes, pouvez-vous m’indiquer le montant du budget alloué aux établissements d’enseignement supérieur ? Ce montant sera-t-il constant ?

Dans l’attente de votre retour, je vous prie d’agréer, Madame la ministre, l’expression de ma considération respectueuse.

Albane Gaillot, Députée du Val-de-Marne